Photo: Claude Donnay

LE SOIR, Supplément "les livres"

le 26 - 27 janvier 2019

 

poésie

130 haïkus

Iocasta Huppen est une Bruxelloise d’origine roumaine qui pratique le haïku, cet art littéraire venu du Japon. Trois vers qui célèbrent la légèreté des choses, les saisons, la nature, le bonheur, la nostalgie un peu, aussi. Ceux de Iocasta Huppen sont très beaux. Ils sont à entendre, sentir et goûter. Craquement des bûches, arôme du café et pain aux raisins. « Brise d’avril / un pétale du cerisier / dans mon verre de vin ». J. – C.V.

Bleu d’encre, 62 p., 10 €

On parle de "130 haïkus à entendre, sentir et goûter" dans La Libre Belgique du 3 décembre 2018, Supplément "Lire"

Un des haïkus de ce recueil a été épinglé à la petite rubrique "La phrase".

L'ECHO

le 3 juin 2017

 

"Dans son nouveau recueil de haïkus, intitulé "Le livre zen des saisons", Iocasta Huppen emmène le lecteur dans une expérience poétique et spirituelle inédite. Images fugaces, impressions fortes, légèreté, humour...tout y est. Mme Huppen auteure bruxelloise d'origine roumaine, a rédigé son ouvrage durant deux ans, au rythme des saisons, comme le veut la tradition. Ce recueil s'adresse tout aussi bien aux amateurs de haïku qu'au néophyte. Ecrit d'un trait parfois minimaliste, le livre invite à faire une pause dans la vie de tous les jours. Non sans laisser parfois planer un certain mystère.

Comme dans ce haïku-ci:

 

"De trois quarts

dans l'onde du miroir son visage

accroche la lumière"

 

Conçu au XIXe siècle par le poète japonais Masaoka Shiki, le haïku est encore très populaire au Japon, où il arrive que des dizaines de gens se réunissent pour les composer, durant de longues heures, au sein d'un groupe appelé "kukaï". Le jeu est parfois très subtil et donne lieu à d'interminables échanges.

Le haïku a dépassé les frontières du Japon pour s'imposer un dans les cercles poétiques occidentaux. Il se compose désormais dans plusieurs langues. Ses règles d'écriture sont à la fois complexes et souples. Le poème doit contenir un mot évoquant la saison (kigo) et une césure (kireji). En principe, il comporte dix-sept syllabes écrites en trois vers (5-7-5). Mais d'autres formes sont envisageables. Cet art littéraire, inspiré du bouddhisme et du zen, cherche surtout à traduire une émotion, un instant fugace. Il éveille à la réflexion, sans enfermer le lecteur dans une image précise. A l'heure de la fuite dans le virtuel, ces petits poèmes très brefs, célébrant l'évanescence des choses, nous rappellent à l'instant présent.

Iocasta Huppen en est à son troisième livre de haïkus. Initriatrice du "kukaï" de Bruxelles, quis e réunit quatre fois par an, elle a reçu plusieurs prix de poésie. A découvrir d'urgence." V.G.