Illustration: Kanshi Toensaï - Beauty in the snow

Présentation brève du tanka

Pratiqué à la Cour Impériale du Japon, le tanka, contrairement au haïku, était une forme de poésie chantée. Ce genre poétique a vu le jour au VIIIe siècle. Masaoka Shiki, à la fin du XIXe siècle, change le nom de waka en tanka.

Le tanka n'aborde pas de sujets grivois ou satiriques. C'est un poème constitué de deux parties; la première décrit une image de nature et la seconde peut éventuellement exprimer un ressenti, un sentiment induit par le sujet présenté précédemment. 

 

Règles de rédaction:

 

1) La métrique

En théorie, le tanka contient 31 syllabes, réparties ainsi: 5/7/5 -- 7/7 (court/long/court--long/long). Exemple: 

Je pince mes lèvres

pour imiter le pigeon

sa réponse enfin --

parler avec un oiseau

quoi de plus simple au printemps ? 

 

5  Je / pin / ce / mes / lèvres

7  pour / i / mi / ter / le / pi / geon

5  sa / ré / pon / se en / fin --

7  par / ler / a / vec / un / oi / seau

7  quoi / de / plus / sim / ple au / prin / temps ? 

 

En pratique, nous pouvons avoir quelques syllabes en plus ou en moins:

Sentier pentu

essoufflée elle s'adosse

à un vieil arbre --

ils attendront au village

la soirée est si douce

 

4  Sen / tier / pen / tu

7  es / souf / flée / el / le / s'a / dosse

4  à / un / vieil / arbre --

7  ils / at / ten / dront / au / vil / lage

6  la / soi / rée / est / si / douce

 

D'autres formes (irrégulières) sont acceptées. 

 

2) Le nombre d'images

Il faut avoir un maximum de 3 images par partie: 3+3 images.

 

3) Les sons reliés aux images: interjections, onomatopées.

 

4) Le mot de saison

Par exemple, si nous sommes au printemps nous pouvons avoir comme mots de saison: bourgeons, giboulées, magnolia, etc. 

Nous pouvons aussi créer nos propres mots de saison.

Cette règle a des exceptions. 

 

5) Les verbes

Comme la première partie est traditionnellement un haïku, nous devons tenir compte des règles de rédaction des haïkus, sans oublier que la deuxième partie du tanka a aussi son verbe.

Cette règle a des exceptions. 

Vous devez également réduire les gérondifs (ex : en marchant, en chantant), afin d’« alléger » au maximum votre poème.

 

6) La césure

La césure placée à la fin de la troisième ligne a le rôle de lier les deux parties d'un tanka, d’associer les images, de marquer une respiration et de faciliter la compréhension du poème.

La césure peut être visible (la petite barre bien marquée) ou elle peut prendre la forme de la conjonction "et". 

Cette règle a des exceptions. 

 

7) Les jeux de mots

Sont les bienvenus mais moins fréquents que dans un haïku. 

 

8) Les adjectifs

Il faut les réduire.

Cette règle a des exceptions. 

 

9) Les pronoms personnels (je, tu)

Il faut les réduire pour donner l'occasion au lecteur de mieux s'identifier à votre tanka. 

 

10) Les figures de style, les personnification

Il faut les éviter.

 

11) Laisser un écho philosophique en arrière plan

En général, cet écho se retrouve dans la deuxième partie du tanka, à savoir, les deux dernières lignes de 7 et 7 syllabes. 

 

12) Pas formuler des sentences, des vérités absolues.

 

13) Pas de phrase repliée (une phrase disposée sur trois ou cinq lignes); pas de liste de courses (trois phrases disposées sur trois ou cinq lignes).

 

14) Le stricte nécessaire de ponctuation

À utiliser lorsque c'est nécessaire. 

 

Pour plus d'informations au sujet des règles de rédaction ainsi que des exceptions à ces règles (présentation en détail avec des exemples, conseils et astuces d'écriture), je vous invite à vous procurer mon livre intitulé "Poésie brève d'influence japonaise - Atelier d'écriture et poèmes choisis", paru en 2019 aux Éditions L'Harmattan, Collection Poésie(s). https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=64649