À-propos de "Le livre zen des saisons"

Éditions L'Harmattan, Collection Poètes des cinq continents, 2017, Préface de Serge Tomé

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=53159 

 

"À la lecture du titre de votre livre, je me doutais déjà qu’il me suffirait de le parcourir pour me glisser dans un univers très proche du mien.

Bien que poète, je suis avant tout un homme de la terre, petit-fils de fermier, de cultivateur…

J’ai eu la chance de grandir au milieu des champs et des prairies.

En contact avec des chevaux et des vaches…

Encore enfant, je découvrais la campagne avec délice et aurais pu la traduire avec des haïkus non seulement si j’avais su ce qu’était un haïku, mais encore si j’avais été un petit génie… Ce que, hélas, je n’étais pas !

Aujourd’hui, je vis toujours dans cette ferme… Bien sûr, les terres ont été expropriées pour construire des cités ouvrières mais j’ai pu en sauver une parcelle que j’ai transformée d’une part en verger et de l’autre en parc avec des plantes, des arbres décoratifs et un potager.

Et je ne permettrais à personne d’en faire l’entretien tant le travail de la terre est ancré ( même encré) dans mes gènes…

Voilà pourquoi je me suis régalé à la lecture de votre si beau livre….

Je vous remercie de l’avoir si bien écrit presque égoïstement comme si c’était pour moi…

En tous cas, je vous souhaite que, pour des tas d’autres raisons, beaucoup d’êtres humains d’autres horizons, s’y retrouveront autant que moi…"

(Louis SAVARY)

 

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"Iocasta Huppen puise dans la nature l’essentiel de son inspiration. Ses haïkus allient à la fois spontanéité, simplicité, profondeur et surtout étonnement. 


L’écriture demeure en particulier belle, créative qui fait parler des éléments de la nature mais également des êtres humains

Début septembre
deux saisons se partagent
les arbres de la rue

On sent à travers les haïkus de Iocasta Huppen un désir fou à partager des moments privilégiés, des instants fugitifs, difficiles à capter mais tellement beaux.

Également, l’aspect lapidaire dans les haïkus de Huppen, crée un effet inattendu, donnant plus de force au haïku mais demandant aussi un important effort de compréhension.

Un mouton tousse –
les nuages de beau temps flottent
dans l’eau du lac

Le soleil plonge
dans l’eau du bassin –
baie vitrée

Les saisons, ces instants de vie, précieux, temporaires qui vivent en nous, sont vus autrement à travers les haïkus de Iocasta Huppen : Une invitation à sentir ces saisons, les savourer, les rapprocher… : Les voir différemment…

La beauté et la simplicité des écrits nous plongent dans la sérénité du haïku-zen comme cette âme calme qui s’allège lors des séances de profond recueillement.

Nuit de nouvel An –
sur mon ciel
tu as piqué une étoile

Souche d’arbre –
à l’abri de la pluie
j’hume la forêt

Reste à signaler que ces brefs écrits nous renvoient vers un temps si varié, dans lequel les sensibilités fusionnent et les impressions divergent. L’interaction entre la photographie et la poésie est bellement ressentie comme cette douce fusion entre la captivité et la contemplation.

Le livre zen des saisons, un joli recueil de haïkus et un bel ouvrage de haïku-thérapie."

(Abderrahim BENSAID)

 

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"Les poèmes sont présentés selon les saisons, d’abord l’hiver. En préface, Serge Tomé dit de l’auteure : "elle a le sens du récit, l’art de poser le minimum sur la table et de laisser le lecteur construire le reste."


Soleil de décembre / mes pas enjambes / les ombres du matin

Premier jour de l’An - / les pleurs d’un bébé arrivent / de la rue déserte

Dans le bois sec / le vert jaillit de partout

Ce matin / les arbres ont de nouvelles feuilles - / elle remet le même pull

Pluie chaude d’été / je m’enfonce jusqu’au menton / dans l’eau du lac

Retrouvons-nous / à l’étang des vingt peupliers - / la vie n’est pas longue

L’insignifiance du temple / parmi les érables rouges

On s’en voudrait de troubler le silence qui suit chacun de ces haïkus. Finesse et sensualité s’y entremêlent. Pour les haïkus zen, moi lecteur, je m’inquiète : qu’ont-ils donc de zen ? Les références japonaises ?... Mont Fuji, lampion en papier, ombrelle jaune, sanctuaire, grues du Japon, geishas… en tout cas, la même finesse que les précédents…

Deux papillons / volètent en rond / ce petit bruit d’ailes qui se touchent."

(Jean ANTONINI, Revue GONG, N°56, Juillet-Sept. ‘17, Association Francophone de Haïku)