Poésie engagée

Photo: Iocasta Huppen, Place de la Bourse, le 26 mars '16

Courage, amour, paix

 

Au vent de printemps

se mêle le souffle de la terreur

que certains s’obstinent

à répandre

avec la plus grande lâcheté du monde

 

Aux jeunes pousses

se mêle la haine

que certains espèrent

voir germer dans nos cœurs

avec la plus grande dévotion du monde

 

Aux premiers chants des oiseaux

se mêle leur cri de guerre, cette phrase

que certains croient

qu’il suffit de prononcer

pour nous faire vaciller

 

Mais aucune terreur

ne pourra ensevelir le printemps

aucune haine

ne pourra empêcher les bourgeons de s’ouvrir

et aucun cri de guerre

ne pourra faire taire les oiseaux

 

Nous avons pour nous

le courage, l’amour et la paix ! 

 

Iocasta Huppen

Oser

 

Oser

sa colère et sa rage

oser

son désespoir et sa hargne

oser

pour se débarrasser

de ce fardeau inutile

sentir son cœur s’emballer

et sa gorge brûler

faire sortir le contenu

tellement contenu

qu’on ne sait plus qui nous sommes

qu’on se retrouve engoncés

 

Oser

pour se débarrasser

une bonne fois pour toutes ! 

 

Iocasta Huppen

Photo: Iocasta Huppen, Place de la Bourse, Bruxelles, le 26 mars '16

22 mars ‘16

à Zaventem pour tout bagage

des explosifs

 

Hall d’aéroport

ils cherchent du regard

l’endroit le plus bondé

 

Attentats de Bruxelles

la grisaille du monde se mêle

à notre ciel de mars

 

Iocasta Huppen

Dessin de l'artiste nantais Jean Jullien, fait la nuit du 13 nov. '15, après les attentats de Paris, qui se sont soldés par, au moins, 129 morts et 352 blessés.

Le 13 nov. ‘15

Il y a deux jours 
nous avons mis à l’honneur 
nos derniers vétérans 
de la guerre ’14 – ’18 
et nous avons pensé à tous ces morts 
qui sont les nôtres

Aujourd’hui 
nous mettons à l’honneur 
les victimes des attentats de Paris
et nous nous préoccupons de tous ces blessés 
qui sont les nôtres

Dorénavant
nous devrons mettre à l’honneur
la part de courage et d’héroïsme
qui est dans chacun d’entre nous
en nous préoccupant de l’état du monde
qui est le nôtre.

 

(Iocasta Huppen, novembre 2015)

Photo: www.sfgate.com

Choc et consternation

ramper
sang
se cacher
attendre
sang
cris et peurs
corps sous des bâches jaunes
corps sous des bâches blanches
devant un des restos
« mais qu’est-ce qui se passe ? »
"un attentat"
sang, sang, sang
coups d’arme, coups d’arme, coups d’arme
et leur sempiternel 
cri de guerre,
130 morts et 352 blessés
ramper
pendant qu’ils rechargent
coups d’arme
sang

sortis de leur cachette
après 3 heures
traverser la salle du Bataclan
les secours arrivent
sang
cris et peurs
en état de choc
en état de colère
en état de guerre
message audio
pour revendiquer l’enfer
choc
colère
consternation

(Iocasta Huppen, novembre 2015)

Paris 13 nov.
je cherche les mots pour le dire
à mes enfants -

l'Histoire a toujours eu
un goût de sang

Condoléances aux nombreuses familles des victimes et que les encore plus nombreux survivants continuent à se battre pour leurs vies !

 

(Iocasta Huppen, novembre 2015)

Photo: www.lemonde.fr

Ils sont des réfugiés

 

Ils brandissent leurs passeports,

ils tendent leurs mains

pour une veste de sauvetage,

pour une couverture, pour de la nourriture,

ils sont des réfugiés

 

Ils fuient la violence et la folie,

ils fuient de chez eux

parce qu’ils sont en danger,

ils sont des réfugiés

 

La plupart d’entre eux

ne sont jamais venus dans nos pays,

sur nos plages et dans nos villes,

ils sont des réfugiés

 

Ils ne viennent pas

pour « prendre des places »,

ils viennent parce qu’ils ont peur

de leurs pays,

cherchant juste un peu de liberté,

cherchant juste un peu d’humanité,

nous pouvons tous devenir un jour des réfugiés.

 

(Iocasta Huppen, Septembre 2015)

Photo: www.haut-koenigsbourg.fr

Mes pas et les vôtres

(Hommage aux victimes de Charlie Hebdo)

 

Il pleut en continu depuis ce matin

comme pour nous garder tous cloîtrés dans nos maisons

car les pas de certains dehors

font des bruits d’armes

 

Il pleut en continu

comme un enfer qu’on entraperçoit

parce que certains ont voulu dépouiller notre nature

des indignations et des mots

 

Il pleut en continu depuis ce matin

et je refuse de rester cloîtrée dans ma maison,

mes pas et les vôtres sont plus tonitruants

que les leurs !

 

(Iocasta Huppen, janvier 2015)